Origine mythologique des constellations du Zodiaque (partie 1)

Le ciel étoilé est découpé en portions, des groupements d'étoiles dessinant des figures géométriques, que les astronomes appellent constellations.

Ce découpage, dans sa version scientifique récente et officielle par l'union astronomique internationale (UAI), délimite depuis 1930 quatre vingt huit constellations différentes qui permettent de cartographier le ciel pour s'y repérer.

 

Les origines des constellations sont pourtant bien plus anciennes. De tout temps et en tout lieu, les hommes ont scruté le ciel pour y rechercher des signes divins, pour se guider la nuit, pour naviguer quand aucun autre repère visuel à l'horizon ne permet aux marins de savoir dans quelle direction ils vont. Chaque civilisation a eu sa cartographie primitive du ciel (les mayas, les chinois...). Seule la vision occidentale subsiste et s'est imposée. Son origine a cependant plusieurs millénaires :

 Carte du ciel etoile

Les arabes de Mésopotamie sont les premiers à avoir laissé des témoignages de découpage du ciel en constellations. Dans l'antiquité grecque, ces constellations ont changé de nom, et beaucoup d'entres elles sont des figures emblématiques de leurs croyances et de leurs Héros mythologiques.

La plupart subsistent encore aujourd'hui telles qu'elles ont été définies il y plus de 3000 ans pour les plus anciennes.

Les siècles et les croyances évoluant, d'autres images se sont rajoutées ou en en ont remplacé certaines :

- Au Moyen Age: des symboles religieux ou du bestiaire médiéval (colombe, couronne de laurier, autel, coupe ou dragon et licorne par exemple)

- A la Renaissance et au temps des grandes découvertes : des outils de navigation ou d'exploration de l'espace (compas, octant, carène et voiles d'un navire géant ou réticule, horloge, télescope par exemple).

 

Parmi toutes ces constellations, douze sont particulières parce qu'elles sont dans le plan de la rotation des planètes de notre système solaire autour de son étoile. C'est à dire que, vu de la Terre, le soleil et les autres planètes semblent se déplacer dans ces constellations le long d'une ligne invisible que l'on nomme l'écliptique.

En réalité, l'écliptique ne traverse pas douze constellations mais treize, et chacune de ces constellations n'a évidemment pas la même taille. Cela, c'est le point de vue astronomique. Du point de vue astrologique, douze constellations sont retenues (les douze signes du zodiaque) et chacune occupe une portion égale sur le cercle de l'écliptique. Cette liberté, conservée à travers les siècles par rapport aux données astronomiques aujourd'hui officielles, est un autre sujet qui fera peut être l'objet d'un article ultérieurement.

 

Ecliptique

 

Chaque astrologue amateur connaît les douze signes du Zodiaque. Se pencher sur les choix et les croyances mythologiques qui sous-tendent leur création est toujours riche d'enseignement pour comprendre une partie de leur symbolisme que l'astrologue utilise dans sa pratique quotidienne.

 

Voilà pourquoi je me propose de mettre à votre disposition l'origine mythologique de chaque signe du zodiaque dés à présent.

 

Aries : La constellation du Bélier

Dans la mythologie grecque, Athamas, roi de Béotie, sur les conseils de sa seconde femme, voulu sacrifier ses deux enfants nés d'un premier mariage : Phrixos et sa sœur Hellé. Zeus, désireux de les sauver, leurs envoya un bélier ailé à la toison d'or magnifique mais brûlante comme le feu. Les deux enfants montèrent sur l'animal qui se dirigea plein Est. Mais en chemin, Hellé ne supportant plus la chaleur du bélier chuta et se noya dans la mer à qui elle donna son nom (Mer de Hellé = actuellement les Dardanelles)

Arrivé sain et sauf sur les rives de la Mer Noire, Phrixos sacrifia l'animal en souvenir de sa sœur et pour remercier les divinités. Zeus plaça le Bélier dans le ciel en signe de reconnaissance. La toison précieuse de l'animal devient l'enjeu de l'expédition des Argonautes dont nous reparlerons avec la constellation des Gémeaux.

 

Analyse symbolique : Le Bélier, le Feu et le Masculin sont intimement associés dés son origine mythologique. Au plan psychologique, ils symbolisent l'impulsion initiale qui rend nécessaire le détachement aux parents et surtout à la mère pour exister. Le Bélier dirige les deux enfants à l'Est. L'horizon Est représente l'Ascendant, maison I, associée au Bélier et à la Naissance. Principe masculin de référence, seul Phrixos, le garçon y parvient. Sa sœur Hellé échouant (ou renonçant) à ce détachement, chute dans la mer (spectre du signe précédent: les Poissons). Elle se noie dans ces eaux de fusion primordiale avec la mère. Ayant renoncé à la nécessité de lutter pour s'affirmer envers ce que ses parents ont décidé pour elle, sa chute empêchera donc son avènement personnel en tant qu'être unique et différencié, symboliquement, elle se noie, elle n'existe pas. Cela la ramène au même état antérieur que la décision parentale de son sacrifice (l'abandon et le sacrifice sont d'ailleurs deux autres idées bien Poissons totalement antinomiques du principe Bélier).

 

Le Bélier associé au Feu se retrouve dans bien des symboles mythologiques et religieux. Multiculturel, il est le divin feu créateur du bélier Agni dans la mythologie hindoue ; son origine divine, virile et créatrice se retrouve également en Egypte derrière Amon, dieu Bélier du ciel, fécond et créateur. La religion chrétienne a quelque peu détourné sa fonction d'affirmation personnelle sans pour autant s'éloigner de son symbolisme d'élan qui se veut primordial parce qu'il est juste. Il est le buisson ardent de Moïse (feu) et l'agneau de la foi qui sert néanmoins de guide aux brebis égarées.

 

Taurus: La constellation du Taureau

Zeus tomba amoureux d'Europe, la très belle fille du roi Agénor, souverain de Tyr. Ne sachant comment l'approcher (les Dieux ne peuvent se montrer aux mortels sous leur magnificence naturelle) il prend la décision de lui apparaître sous la forme d'un magnifique taureau blanc aux cornes en croissant de lune alors qu'elle se promène sur la plage.

Se faisant docile et affectueux lorsque la jeune fille s'approche de lui pour lui accrocher une couronne de fleurs aux cornes, il la laisse monter sur son dos et s'élance dans les flots. Il la conduit jusqu'aux rivages de l'île de Crète. De leur union naîtront trois fils dont Minos, Roi de la future citée minéenne qui sera des plus prospères et qui vénèrera en remerciement le Taureau comme un animal sacré, ce qui lui vaudra sa place dans le ciel.

 Mythe taureau

Plus tard, Minos envieux, sera amené à offenser les dieux. Poséidon, dieu de la mer, enverra à son épouse Pasiphaé, un taureau blanc magnifique, presqu'exacte réplique de Zeus déguisé. Elle aimera cet animal pourtant bien véritable. De leur union contre nature, naîtra le Minotaure (monstre boulimique à corps humain et tête de taureau) que Minos, honteux, enfermera dans un labyrinthe.

 

Analyse symbolique : Après l'impulsion du Bélier qui permet de se dégager de l'indifférenciation initiale, le Taureau symbolise la richesse et la jouissance de la vie. Les instincts prédominent : se nourrir, abonder, aimer. Les liesses printanières grecques fêtaient Dionysos, Dieu fécond et prodigue, toujours en excès de bonne chaire et de boisson. Après l'impulsion créatrice divine (Feu) de la naissance qui a permis d'exister et de se différencier hors des eaux intra-utérines primordiales, l'énergie devient féminine et se matérialise. Le fait d'exister devient réalité concrète. Un passage par l'élément Terre est donc nécessaire : Car s'incarner, c'est avoir pris corps. Et ce corps a ses besoins. La satisfaction des instincts primaires de l'homme est une nécessité qui n'a rien de dégradante, bien au contraire. Le Taureau nous rattache à notre animalité : Dans ses bons aspects, cette façon naturelle de remercier le simple fait d'être vivant est source de bien être et de prospérité à l'image de la riche citée minéenne.

Mais les instincts humains peuvent prendre des tournures bien plus négatives quand les besoins se transforment en envies. Les aspects les plus sombres du Taureau, symbolisés par le Minotaure (monstre enfermé dans le labyrinthe de ses désirs excessifs et de ses peurs les plus égoïstes) sont aussi bien présents dans le mythe.

 

Le taureau est un symbole terrestre de fertilité, de nature et d'abondance (la fameuse corne d'abondance d'où sortent multiples fruits) dans la plupart des mythologies. Les Chaldéens lui vouaient déjà un culte avant les grecs. Les Egyptiens également avec Apis, leur Dieu à tête de taureau.

 

Gemini : La constellation des Gémeaux

Le mythe grec des jumeaux divins Castor et Pollux est associé au Gémeaux. Les deux étoiles principales de la constellation portent d'ailleurs le nom de ses deux frères nés des amours de Zeus et Léda.

Zeus, dont on ne compte pas les conquêtes.... séduit la mortelle Léda en optant cette fois pour prendre l'apparence d'un cygne. De l'œuf résultant de leur amour, sortiront Castor et Pollux qui se ressemblent presque en tout point. L'amour d'un Dieu et d'une mortelle donne habituellement un enfant Demi-Dieu. Mais par cette gémellité, l'ascendance divine s'est incarnée entièrement dans Pollux, qui a donc hérité de l'immortalité. Castor, ayant l'humanité de sa mère Léda ne vivra pas éternellement.

Mythe gemeaux

Après leur naissance, c'est Hermès (Mercure, planète associée aux Gémeaux) qui élèvera les deux enfants. Ceux-ci développeront la vivacité, la ruse et l'intelligence de leur percepteur. Unis par une amitié qui les rend inséparables, ils ne tiennent pas en place et participent à deux nombreux exploits. Ils prennent notamment part au voyage des Argonautes, aidant Jason à récupérer la toison d'or (Bélier). Après quoi, ils triomphent de Thésée, vainqueur du Minotaure et traversent ainsi l'étape Taureau du cycle zodiacal.

Pour une histoire d'amour, ils tenteront d'enlever à leurs fiancés deux jeunes princesses. Le combat les opposant aux rivaux emportera Castor. Pollux, ne supportant le décès de son jumeau, renoncera à son immortalité pour la partager avec son frère. Ainsi, ils vivent alternativement, chacun leur tour, six mois et passent les six autres mois aux Enfers mais ne se croisent jamais...

 

Difficiles de dire le sexe des personnages qui représentent les Gémeaux dans l'imagerie traditionnelle. Ce n'est pas un hasard. Le mythe de l'Androgyne primitif est un classique de toutes les mythologies qui peut être associé aux Gémeaux. L'unité de l'être vivant originel a été séparée en deux êtres complémentaires mais opposés et sexués. Chacun d'entre eux recherche alors son double pour reformer l'Etre complet de corps et d'esprit dont il ne se sent que la moitié.

 

Analyse symbolique: La dualité des Gémeaux symbolise toutes les formes d'antagonisme et d'opposition qui permettent la compréhension du monde qui nous entoure. Il faut bien concevoir qu'après l'étape physique et corporelle Taureau, la phase Gémeaux est fortement intellectualisée dans le rapport que l'homme entretient au monde. Il s'agit là de dissocier, comprendre, nommer ce qui nous entoure (importance de l'ouverture, de la découverte immédiate, du langage, des échanges). La stimulation intellectuelle devient un besoin primordial qui se satisfait par la mobilité et une intense curiosité. L'activité intellectuelle suit la logique selon laquelle toute vérité n'existe que parce qu'elle a son contraire.

Toutes les ambivalences plaisent d'ailleurs aux Gémeaux qui n'hésitent pas à jouer dessus avec la malice dont faisaient déjà preuve Castor et Pollux.

Séparés à la fin du mythe, ils recherchent sans cesse leur partie manquante, comme les Gémeaux se cherchent souvent et se sentent étrangers à eux même, tant leur intellect les coupe de leur propre part physique et sensible (Taureau) qu'il va falloir intégrer à l'étape Cancer.

 

Cancer: La constellation du Cancer

L'origine mythologique de la constellation du Cancer est plus pauvre que celle des trois signes précédents pour faire des liens avec la signification symbolique de ce signe astrologique. Cette signification tient essentiellement dans l'univers sensible, protecteur, maternel, sécurisant mais clos que symbolise la coquille hermétique qui enferme et protège la vie du crustacé. Ce grand principe Maternel et Féminin associé au signe du Cancer est en effet absent de la légende grecque qui a porté le crabe dans les étoiles du firmament. Néanmoins, relatons le mythe pour découvrir ce qu'il peut quand même nous enseigner :

 

Fait mythologique très connu, Héraclès (Hercule) a du accomplir douze travaux. Ceux-ci lui ont été imposés par Héra, Femme de Zeus. Elle persécutait les maîtresses et les enfants illégitimes de son mari et Héraclès est l'un deux. Quel rapport avec la constellation du Cancer ?

L'hydre de Lerne, monstre-serpent du marécage du même nom, terrorisait toute une région et Héraclès a eu pour épreuve de le détruire. L'hydre a plusieurs têtes et chaque fois qu'Héraclès en coupait une, deux repoussaient, rendant la tâche en apparence impossible. Il se fit aider de Iolas, son neveu, pour cautériser les têtes au fur et à mesure, mais les deux hommes courraient vers l'échec en s'entêtant à étêter ;) L'accélération de la situation et les têtes innombrables (rapidité, multitude et tête ,donc intellect, sont des reliques très Gémeaux) les mettaient en état de transe sanguinaire. Héra jubilait et poussa même le vice en envoyant un crabe les taquiner en leur pinçant les talons. Mais cette ultime provocation d'Héra sauvera les deux combattants. Ramené à la conscience par la douleur au pied, Héraclès bloquera les têtes de l'hydre sous des rochers pour l'empêcher de nuire mais renoncera à les couper.

Le crabe eu tôt fait d'être écrasé dans le combat et pour le remercier, Héra le plaça dans le ciel en tant que constellation du Cancer dont les pâles étoiles semblent être à l'image du tempérament effacé du signe.

 

Analyse symbolique: A travers ce mythe grec, plusieurs symboles propres au Cancer se retrouvent. La famille est l'un deux. Hercule, une fois n'est pas coutume,  a besoin de s'appuyer sur l'aide des siens pour venir à bout de cette épreuve dans laquelle sa force personnelle ne suffit pas. La force brute ne vient pas à bout de la bête car elle semble éternelle. Les attaques la renforcent. Cette obstination que l'on retrouve également à travers la répétition des assauts d'Hercule et de son neveu pour trancher les têtes est également très Cancer, signe qui trouve sa force dans sa résistance entêtée.

Le champ lexical de la perte de contact avec la réalité (fuite dangereuse propre aux signes d'Eau et donc au Cancer) est également présent avec l'état de transe d'Hercule et de Iolas pendant le combat. La douleur corporelle de la pincée du crabe amènera les deux hommes à reprendre pied dans la réalité et dans un état de conscience entier qui réunit l'esprit (Gémeaux) et le corps.

La conscience de soi émerge dans l'individu : Un Esprit dans un Corps, distinct du reste du monde. Mais il n'est pas encore prêt à s'exposer à ce reste du monde. Cela se fera à l'étape suivante : Le Lion.

 

Leo: La constellation du Lion

Nous retrouvons Héraclès, à l'aube de ses travaux. Il se proclame en ce temps l'égal des Dieux puisqu'il est le fils de Zeus en personne. Et il revendique sa place sur l'Olympe. Héra est la première offensée. Elle lui prépare alors la série des douze travaux que seul un Dieu pourrait réussir.

Le premier de ses travaux est de tuer, sans arme, le lion de Némée: Un lion gigantesque qui sème la panique dans les rangs des troupeaux et des bergers. Héraclès triomphe de l'animal sans peine en l'étouffant et  fait de sa peau le vêtement avec lequel il est d'ailleurs souvent représenté dans l'art classique.

Mythe lion

Cette même peau de lion, qui fait sa notoriété et permet à tous de le reconnaître où qu'il aille en Grèce, le suivra dans sa perte: En voyage avec sa femme Déjanire, celle ci se voit proposé de l'aide par le centaure Nessos, pour traverser un fleuve sans se mouiller. Nessos tentant en chemin d'abuser de Déjanire, Héraclès lui décoche une flèche empoisonnée du venin de l'Hydre dans le dos. Agonisant, Nessos, se repentit et donne à Déjanire de son sang, lui faisant promettre d'enduire un vêtement de son époux avec, le jour où celui-ci se montrerait infidèle. Déjanire promet et l'occasion finit par arriver. Enfilant le vêtement teinté du sang empoisonné par le venin de l'Hydre, Héraclès souffre atrocement. Seul le bucher, le soulagera. Il s'allonge sur la peau du Lion de Némée et demande à être immolé.

 

Analyse symbolique : Après l'étape Cancer qui se retranche dans la protection de sa carapace, Héraclès ose affronter le monde et dans la magnificence encore candide de son Ego, il se réclame des Dieux et revendique sa place parmi eux. C'est avec courage qu'il affronte les obstacles qui se dressent devant lui. Et c'est avec admiration qu'il est reconnu par tous. L'Ego solaire du Lion est éclatant. Il est symbole masculin par excellence : Expression flamboyante, naturelle, libre et authentiquement personnelle (Héraclès combat le Lion sans arme) du potentiel "allumé" lors du Feu initial Bélier maintenant que cela est possible puisque l'être est différencié, entier et qu'il désire dés lors, agir et prendre sa place dans le monde.

On dit le Lion fier. Il est narcissique plus qu'orgueilleux. Et ce narcissisme permet à la personnalité encore toute neuve, fragile sans se l'avouer, mais désireuse de confronter son autonomie au monde extérieur, d'entrer courageusement en scène.

Héraclès est trahit par son épouse (bien qu'elle fut elle même trompée par le centaure). Le Lion est rarement préparé aux coups bas et tordus. Sa vision du monde est souvent teintée d'illusions assez candides.

 

A l'image d'Héraclès et de sa peau du Lion de Némée sur le bucher, le Lion qui veut véritablement s'accomplir, doit souvent accepter de voir se consumer son Ego car celui ci a besoin des limites et du cadre que le signe suivant se charge d'apporter.

 

Virgo : La constellation de la Vierge

La Vierge évoque dans notre société l'icône religieuse de Marie, mère du Christ. Avant que cette image collective ne s'installe dans nos esprits, Virgo était à l'origine la déesse grecque Déméter dont voici le mythe.

Mythe vierge

Déméter est une sœur de Zeus. Elle est la déesse de la vie végétale sur Terre. Elle était fécondité et fertilité des sols. Les paysans la vénéraient pour les récoltes. Le cycle des saisons avec ses effets sur la végétation avait une explication mythique. Déméter avait une fille, Perséphone. Celle ci a été conçu sans participation masculine, et Déméter et Perséphone ne vivaient d'ailleurs qu'entourées de femmes. Perséphone ignore jusqu'à l'existence même du principe masculin. Elle est l'exact prolongement de sa mère, vivant selon ses règles et ses valeurs faites d'obligations et de labeur quotidien où les amusements et les loisirs sont rares. Là où les autres Dieux sont très oisifs, il n'en est rien pour Déméter, toute dévouée aux responsabilités qui lui sont confiées.

Un des rares jours où Perséphone se repose, et alors qu'elle cueille des fleurs dans une prairie, Hadès, Dieu des Enfers, sort de Terre et l'enlève dans les profondeurs par amour. Perséphone, subjuguée par le Dieu, se laisse aller à le suivre et disparaît. Déméter la cherche partout sur terre. Toute à sa douleur, elle néglige ses tâches. Plus rien ne pousse, la famine s'installe chez les hommes. Zeus prend en pitié la condition humaine et obtient d'Hadès que Perséphone passe six mois sur Terre avec sa mère (Saison fertile : printemps et été) et les six autres mois avec lui, son mari (automne et hiver).

 

Analyse symbolique : Notons pour commencer que le nom latin de Déméter est Cérès (planète naine de la ceinture d'astéroïdes utilisée par quelques astrologues et rattachée au signe de la Vierge à la place de Mercure). Après l'expression libre et à priori sans obligation du Lion (à l'image des Dieux de l'Olympe),  Déméter apporte la notion de limite. Sa ligne de conduite est dictée et cloisonnée par ses responsabilités quotidiennes qui sont des notions associées à la Vierge, consciencieuse et serviable (La fertilité du sol et des cultures sert aux hommes plus qu'à Déméter elle même). Déméter est une déesse raisonnable qui ne se mêle pas aux fêtes des ses confrères. Elle est stricte et élève sa fille selon ses propres valeurs. Elle bride l'expression spontanée léonesque de sa fille parce que cela est nécessaire pour qu'elle puisse prendre en compte l'existence même des autres (C'est le proverbe La liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres). Cette prise de conscience ne permet pour autant pas la véritable autonomisation. Pour cela Perséphone doit définir ses propres limites et se fixer ses propres règles de vie. C'est à cette seule condition que le processus de séparation et de différenciation de l'unité Mère/Enfant amorcée avec la naissance Bélier, peut se terminer. Elle symbolise la libération nécessaire de l'enfant de l'autorité et des valeurs éducatives parentales. S'il n'établit pas lui même ses propres limites et ses propres valeurs supports de ses choix de vie, l'enfant peut :

 

- Rester dépendant du joug parental (comme Perséphone soumise à Déméter et à des valeurs qui ne sont pas les siennes)

 

- Se révolter et se perdre dans les Enfers des pulsions et des instincts primaires (Enlèvement "consenti" par Hadès).

 

Les symboles religieux liés à La Vierge Marie colorent également profondément la symbolisme du signe astrologique, notamment à travers le principe de pureté. Suivant ce principe qui guide toute sa vie, la Vierge qui se veut vertueuse est prompt à trier et condamner (donc juger) ce qui est bien ou mal. Sa vie peut être bourrée d'interdits et de tabous. Mais Hadès (Pluton) incarnant les forces instinctives primaires et notamment sexuelles finit toujours par émerger à la surface...

 

Conclusion:

La première partie de l'article, consacrée au premier hémicycle du Zodiaque s'achève ici.

Je me suis attaché à mettre en avant comment la ronde des signes du Zodiaque est une succession d'étapes à travers lesquelles chaque signe occupe une place qui prépare la suivante dans ce qui s'apparente à un processus initiatique.

Du Bélier à la Vierge, ce processus était essentiellement séparatif et individualisant.

 

Dans la seconde partie (De la Balance aux Poissons), nous verrons comment les origines mythologiques des constellations zodiacales orientent la signification astrologiques des signes dans un processus relationnel et réunifiant.

 

 

Tout droit réservé, Fabrice BONVIN

Reproduction partielle ou totale interdite sans autorisation écrite de l'Auteur

Commentaires (2)

James
  • 1. James | 25/07/2015
Bonjour,

Merci pour cette article très intéressant.
Je vous souhaite une bonne continuation.
Au plaisir de vous lire.
Et vive l'astrologie qui nous rassemble.
bonvin-fabrice
  • 2. bonvin-fabrice (site web) | 25/07/2015
Merci James. Vous êtes le bienvenue. Au plaisir en effet !

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