Le Zodiaque à poils.... à plumes ou à écailles. (partie1)

"Un singe comme moi pourrait, je crois, être parfois bien plus humain que vous."

"Etre un humain comme vous"

-Le livre de la Jungle-

 

Nous avons déjà vu qu'il est attribué au Zodiaque des couleurs (Cf. aux couleurs de nos signes). Mais chacun de nos douze signes se voit aussi affublé d'un bestiaire. Bestiaire plus ou moins encombrant et embarrassant à caser dans un appart', pour ceux qui comprendraient que ce doit être leur animal de compagnie de prédilection...

 

Evidemment il ne s'agit pas de cela, mais bien encore une fois d'une démarche analogique qui permet de comprendre, de retenir et de faire des liens entre différentes approches intellectuelles, symboliques et spirituelles du monde qui nous entoure. Et n'est-ce pas par ce levier que l'homme s'élève comme un animal un peu plus "évolué" que les autres ?

 

Avant de voir signe pas signe quelle fourrure, plumage, ou coquille correspond le mieux, il faut commencer par rappeler ce qu'évoque symboliquement l'animal (dans son sens général).

Animaux divers

 

 

1- L'animal en tant qu'archétype

L'animal représente les couches profondes de l'inconscient et l'instinct. On en reconnaît les forces, de manière presque "magique" : l'instinct maternel en est un bon exemple : mystérieux, magnifié. Il est sensé nous dépasser, s'imposer à notre raison et à nos décisions... jusqu'à en devenir une bien curieuse pression sociale pour beaucoup des jeunes mamans. Un paradoxe d'ailleurs pour quelque chose sensé être d'essence aussi "animale"...

 

Cette force, cet élan instinctuel qui nous anime, fait globalement peur. La majeure partie des manifestations instinctuelles va à l'encontre de l'organisation sociétale, des obligations et des limites qui nous contraignent (heureusement) pour bien-vivre ensemble. Et ce n'est pas un hasard si le signe le plus "instinctuel" qui soit : le Bélier, s'oppose au signe qui pose les jalons d'organisation sociale pacifiste : la Balance.

 

Il suffit d'un tout petit tour par les croyances populaires médiévales ou les contes pour enfant pour ramasser à la pelle grands méchants loups et autres garous qui croquent les Mère grand et les enfants, et pour voir à quel point la part instinctuelle de l'Homme lui fait peur à lui même. L'animalité est ici assimilée à la bestialité (sa dimension violente)

 

Quand l'homme a peur de ce qui le dépasse, il le déifie d'une manière ou d'une autre pour s'en attirer la protection. Les exemples ne manquent pas dans les premières civilisations. Quand les hommes ont commencé à vivre en communautés structurées qui nécessitaient des règles et une organisation de l'expression du pouvoir. Tous les instincts individuels on dû être canalisés et plus ou moins mis sous contrôle. Cela a du commencer avec les peuplades primitives préhistoriques et nous en avons encore bien sûr de parlants témoignages archéologiques dans l'Antiquité. Le panthéon égyptien en reste la plus classique illustration : Amon Râ, Horus, Sekhmet, Bastet... Autant de Dieux et déesses anthropomorphes mais avec un visage et une tête d'animal. Moins connu, les aztèques et les mayas avaient aussi leurs "Esprits" de la forêt : L'esprit Jaguar, L'esprit Caracal... Bref, on a compris l'idée qui décline le respect que l'on doit à Mère nature et à toutes ses manifestations, dans les premiers pas de la spiritualité.

Le lien spirituel entre homme et animal fait partie intégrante de certaines cultures anciennes qui reviennent en vogue actuellement. Les plus courantes se rapportent sans doute au chamanisme et au croyances amérindiennes des animaux-totem dont l'esprit naturel devient un guide moral et de destiné, un karma individuel et une force à laquelle se fier ou s'abandonner avec confiance.

 

Mais globalement en Europe, nos sociétés judéo-chrétiennes ont rapidement abandonné Mère nature pour glorifier le Père céleste universel. Ce faisant, elles ont "déconnecté l'homme de son ancrage terrestre à la nature. Elles ont tellement gonflé le melon de l'Humain, qu'elles ont été très vite embarrassées de l'animal qui est en lui. Ses forces profondes et notamment la libido sont trop dérangeantes. D'ailleurs en langage argotique, "la bête" (ou son attribut "la queue") ne désigne t'elle pas le pénis ? Et donc l'interdit moral.

 

Au XIXème, cet interdit religieux de l'animalité en l'homme est un peu levé par la psychanalyse. Jung notamment réinvestit la profusion des images animales dans l'art ou les religions. Il souligne l'importance pour l'homme d'intégrer psychiquement le symbolisme animal et par ce biais ses propres instincts :

"Il est important pour l'homme d'intégrer dans sa vie le contenu psychique du symbole, c'est à dire l'instinct... L'animal qui est dans l'homme peut devenir dangereux lorsqu'il n'est pas reconnu et intégré à la vie de l'individu. L'acceptation de l'âme animale est la condition de l'unification de l'individu, et de la plénitude de son épanouissement"

Jung -L'Homme et ses symboles-

 

 

2- Comment se construit le symbolisme animalier ?

Je vois globalement deux mécanismes d'importance inégale mais qui se font en parallèle et de manière intriquée.

 

Et le premier des deux, ironie de situation, est dicté par l'instinct animal qui somneille encore en l'homme.

 

Comment notre propre part instinctive alimente le symbolisme animal :

Bien des symbolismes animaliers s'expliquent en partie par les réactions instinctuelles qu'ils déclenchent notamment l'instinct de survie.

 

L'instinct n'est qu'une mémoire d'expérience inconsciente qui s'est inscrit dans les gènes et se transmet dans une population d'individus de cette façon. C'est évolutif et permet l'adaptation innée à son environnement de vie lui même évolutif.

 

La chaîne alimentaire ça vous dit quelque chose ?  L'homme est aujourd'hui le prédateur numéro 1. On peut dénombrer les pathétiques photos-trophée mises en ligne de fières familles posant au côté de la dépouille d'un gros animal sauvage en voie de disparition ou encore tout ce que l'exploitation industrielle de la condition animale a de plus nauséeux.

 

N'empêche que ça n'a pas toujours été le cas. Et si aujourd'hui l'homme se fantasme capable de tuer un Tyrannosaure en le poursuivant avec sa Jeep et son bazzooka dans un parc à thème ; au début du film c'est bien le T.rex qui a eu des petits bouts de viande humaine coincées entre les dents. Oui, je sais les hommes n'ont jamais été mangés par les dinosaures. Cela n'enlève en rien qu'ils ont été des proies régulières de certains animaux en des temps fort lointains.

 

Il en reste encore aujourd'hui une certaine méfiance innée pour tout ce qui est plus gros que soi, surtout si on peut compter les griffes et les dents dans ce qui est justement plus gros !

Le prédateur animal n'est plus aussi courant dans notre vie quotidienne et ce depuis des siècles. Mais sa peur instinctuelle existe toujours. (Entretenue en partie aujourd'hui par les créations culturelles il est vrai, car l'homme moderne vit de moins en moins au contact réel et authentique de la nature. Si bien qu'il n'est plus aussi évident de démêler l'innée de l'acquis. Aussi combien d'entre vous ont peur des requins à cause des "Dents de la Mer" ?).

 

 

Puisqu'on est dans l'instinct de survie, l'homme n'a pas que peur des grosses bêtes. Araignées, insectes, bêtes rampantes, ver, serpent.... Les petites bêtes effraient aussi. Certains évoqueront leur nombre, la multitude qui dépasse les possibilités de s'en défendre. Mais l'instinct humain a sans doute aussi mémorisé inconsciemment le danger du venin de certains de ces animaux, et aussi qu'ils sont vecteurs de maladies.

La formation d'impression pour construire le symbolisme animal.

Ce deuxième mécanisme, plus intellectuel, supplante certainement le premier.

La formation d’impression est un processus intellectuel qui se fait quotidiennement et de façon tout à fait spontanée. On considère que l’impression est constituée d’un ensemble de traits de personnalité qu’on attribue à une personne. C'est un processus assez rapide qui se fait à partir des observations de la morphologie et du faciès (c'est d'ailleurs sur ça que s'appuie la morphopsychologie) et sur l'observation de la gestuelle, du comportement ou du mode de vie.

 

Une fois formée, l’impression est lourde de conséquence. Elle oriente nos réactions affectives vis-à-vis de la personne, elle oriente nos prédictions quant à son comportement ou même ses intentions.

 

C'est tellement naturel qu'on le fait même avec les animaux. Et c'est de là que part une bonne partie du rapport qu'on entretient avec eux. Par extension, cela construit le symbolisme qu'on leur accorde grâce aux parallèles établis entre leur apparence ou leur mode de vie et celui des hommes.

 

Pour illustrer : D'un coup d'œil, lequel a l'air perspicace ou inquisiteur et lequel à l'air détaché ?

Aigle et dromadairePar la simple inclinaison du visage (porté bien haut et droit sur le cou ou projeté en avant) et la forme des yeux (petits et mi clos ou ronds et brillants), on accorde une "personnalité" différente à l'aigle ou au dromadaire.

 

Et leur mode de vie ne fera qu'en rajouter :

L'aigle, à l'acuité visuelle exceptionnelle et qui ne rate pas sa cible de ses griffes acérées, évoquera le Scorpion ou Pluton et leur capacité à percer implacablement au plus profond des choses

Le dromadaire, infatigable marcheur qui ne boit jamais fera penser à la sobriété, la persévérance et la sagesse saturnienne/Capricorne.

 

Et c'est ainsi que d'animal à dominante planétaire ou signe astrologique, le saut est fait !

 

 

3- Le bestiaire zodiacal

J'appuie et justifie une partie de mon propos sur les utilisations existantes des images symboliques animalières :

- au niveau des emblèmes historiques ou plus contemporaines.

- au niveau spirituel et religieux (religions actuelles ou de l'antiquité)

- au niveau artistique : notamment la littérature ou l'art pictural infantile qui foisonne de personnages animaliers. Mais on peut bien évidemment aussi songer aux fables, et aux chansons populaires. Les dessins animés et les films d'animation sont également de bonnes sources de références.

- au niveau linguistique : expressions langagières s'appuyant sur des comparaisons ou des métaphores animales.

 

BELIER : Il n'est pas très difficile d'associer les ovidés (famille de mammifères des moutons) au premier signe puisque lui même est figuré par le mâle de l'espèce. Encore faut-il expliquer pourquoi et commencer par le commencement. Or au commencement, notre bélier n'est qu'un agneau. L'agneau est à ce point le tout premier animal de notre bestiaire zodiacal qu'il figure même le point vernal. Le degré 0 du Bélier et par là même le degré 30 des Poissons. Et oui, parce que symboliquement, notre agneau est autant Poissons que Bélier en fait. Nous verrons que plusieurs animaux font ainsi le lien entre deux signes et s'apparentent sur le plan symbolique à l'un comme à l'autre. Cela n'a rien de surprenant en soi, le Zodiaque étant une roue, une cycle initiatique, on ne saute pas de signe en signe, on glisse de signe en signe. Et certains symboles sont ceux de cette transition. Mais revenons à nos moutons (enfin à notre agneau). Dans la tradition judéo-chrétienne, il est le sacrifié désigné. La victime parmi le troupeau qui doit être offerte pour sauver les autres. Cette notion de sacrifice nécessaire est quand même bien Poissons. Mais ce faisant, il devient l'élu, l'unique et par là, on glisse vers le Bélier. Le Christ est l'Agneau de Dieu, celui qui s'est sacrifié pour enlever le péché du Monde et ainsi sauver le troupeau. Le troupeau est d'ailleurs l'image des brebis. La femelle mouton, on remarquera que la polarité féminine a déjà ici sa connotation symbolique passive et soumise. Le mouton dans tout cela, quand il désigne le mâle de l'espèce, est tout aussi négatif. L'expression "être un mouton" en dit long sur l'a-réactivité, la passivité, la tendance à se faire tondre la laine sur le dos (encore des images plutôt Poissons). C'est le point vernal non franchi, le blocage dans l'univers Poissons. Mais si l'énergie masculine est suffisante, notre mouton devient bélier.

 

Et il n'en est alors plus de même. Voici la glorification du mâle, du vrai. Le point vernal est passé. La transition Poissons-Bélier est faite et si l'agneau était autant Poissons que Bélier. Le bélier, lui, n'offre plus d'ambiguïté. Tous les animaux à cornes avec un caractère fonceur et belliqueux, qui se confrontent par rivalité front contre front viennent le rejoindre : On peut penser aux mouflons par exemple.

Belier 1

Le bélier est aussi le nom d'une arme de guerre médiévale destinée à enfoncer les portes les plus résistantes, à passer en force, à l'image de l'animal bondissant, tête projetée en avant, image phallique s'il en est. Il incarne la force génésique masculine, le jaillissement de la vitalité première et d'une certaine manière le rut et le désir masculin. Dans ce même ordre d'idée, un autre animal à corne vient le rejoindre : le bouc. La signification libidinale de l'animal est ancienne et reste encore dans la culture et l'art populaire "Oui, je suis Belzébuth, je suis un bouc je suis en rut" chantait le Grand Orchestre du Splendide dans la Salsa du démon. Le Bélier est le signe le plus instinctif et l'instinct sexuel est donc bien présent. Instinct sexuel, mais pas reproducteur. Le féminin n'est pas encore présent avant l'arrivée du Taureau, donc point de fécondité, mais beaucoup de libido. Evidemment le bouc, animal puant, est la face plutôt négative du Bélier. La sexualité par soumission aux instincts étant plutôt luxure ou image de dépravation.

 

La chèvre, femelle du bouc, est aussi un animal Bélier, mais pas pour les mêmes raisons. Dans de nombreuses cultures du pourtour méditerranéen et dans les histoires ou le folklore populaire, elle incarne le désir de liberté primesautière. Elle n'en fait qu'à sa tête. D'ailleurs la racine capri- pour "chèvre",  se retrouve dans caprice. Elle est confiante et courageuse, à l'image de la chèvre de Monsieur Seguin qui fait fi des mise en garde contre le loup et s'en va, libre dans la Montagne, pâturer des fleurs et des herbes plus savoureuses. L'appel de la liberté, de la réalisation personnelle et le courage nécessaire à l'émancipation sont bien d'essence Bélier ; l'insouciance ou la témérité face au danger aussi.

 

 

Tigre 2

Le Bélier c'est aussi le signe martien. Et Mars est la planète guerrière. Les animaux qui sont les symboles des castes guerrières ou militaires peuvent donc aussi être rattachés au Bélier. Il y en a plusieurs selon les cultures. Le tigre en Asie est de ceux là. Il est l'expression de la puissance et de la férocité. Pour les anglais, c'est le léopard qui est l'emblème de la puissance guerrière royale. Ailleurs en Europe, le coq, emblème de notre pays et de notre chant patriotique guerrier joue dans la même catégorie. En plus de la fierté qui le caractérise, il est combattif et agressif (combats de coqs). C'est aussi un oiseau solaire qui chante et annonce l'aurore. Comment être plus en phase avec le Bélier, premier des signes, évoquant la naissance  et l'apparition de la lumière, le lever du Soleil. On n'oubliera d'ailleurs pas de rappeler que le Soleil est en exaltation dans le signe du Bélier.

 

 

Plus anecdotique, mais tant qu'on est dans les oiseaux, je conclurai pour ce signe avec l'engoulevent. Petit oiseau peu connu des montagnes est reconnu patron des forgerons et de la ferronnerie en Asie. Son cri fait penser au choc du marteau sur l'enclume (une activité ignée bien martienne et donc Bélier, encore que ce Feu tellurique a sans doute autant à tenir du Mars scorpionnesque)

 

TAUREAU : Taureau 1L'image du taureau, agressif, grattant le sol avant de se ruer en avant, fait très bien transition entre les deux premiers signes. Du Bélier, il a la fougue mâle impétueuse. Il a l'agressivité et la puissance virile. Du Taureau, il a bien sûr le nom. Mais il a aussi le caractère secondaire. Car là où le bélier était impulsion, le taureau est réaction. D'ailleurs, ne se jette t'il pas sur ce qui est rouge (couleur de Mars et du Bélier). Dans l'arène, le taureau n'est colérique et agressif qu'envers ce qui l'a de prime abord cherché : l'agitation du drapeau et les cris de la foule en liesse. Car de nature, notre signe du Taureau est placide et aspire au calme. On est sur une toute autre représentation du bovin : celle du bœuf ou du buffle, ruminant sereinement dans les prés. La rumination est un mode digestif animal correspondant très bien au signe du Taureau. Et ils sont nombreux les ruminants dans le monde animal. Ils dépassent largement la famille veau-vache-charolais. On peut citer pèle mêle girafe, lama, cerf et autres cabris... Nos ruminants ont quatre estomacs, rien que ça. Ils ingèrent énormément de nourriture et il leur faut du temps pour les assimiler. Voilà un parallèle bien facile à faire avec notre Taureau qui intègre tout lentement, à son rythme propre, mais qui se construit et se charpente solidement de chacune de ses expériences.

 

Cela en découle, la nourriture est une composante taurine essentielle et bien des animaux sont symboliques de la dimension nourricière. La vache en premier lieu. Déjà, c'est un animal féminin (pour le premier signe féminin c'est logique) et puis elle est féconde. Elle est la terre fertile et grasse du printemps. Elle est promesse de richesse sur le long terme puisqu'elle fournira du lait, du beurre, du fromage, des veaux et de la viande. La vache sacrée Hathor chez les égyptiens était la bouche nourricière du pharaon. Alors oui, cette dimension Mère nourrice fait un peu lunaire, tout comme les cornes en croissant de lune de la vache. Mais il ne faut pas oublier que la Lune est exaltée dans le Taureau.

La vache n'a pas l'apanage de l'image de nourrice et de corne d'abondance. Plus rarement la chèvre tient dans certain mythe le même rôle. Elle aussi fournit du lait et des chevreaux pour la viande. La chèvre Amalthée a nourri bébé Zeus sauvé de l'appétit infanticide de son père Cronos. Chez les amérindiens, le bison avait aussi la même signification d'abondance. Leur taille assurait sécurité alimentaire pour la tribu prévoyante.

 

Les animaux cités jusqu'à maintenant sont marqués par une certaine image de pesanteur, de lourdeur au sol, bien encrés dans la terre qu'ils sont de leurs gros sabots (ben c'est que ça fait sa pt'ite tonne un taureau de la foire agricole aussi...). La matérialité est essentielle pour le signe du Taureau et n'est pas exempte de défauts que certains animaux représentent très bien sur le plan symbolique. A commencer par le veau. Dans la symbolique judéo-chrétienne, le veau signifie la richesse et les bien matériels qui se substituent à la vrai richesse de l'esprit. On rejoint là le mythe biblique du veau d'or. Icône "terrestre" sensé incarné Dieu lui même. Il n'a pas trop apprécié. La divinisation des désirs matériels et de la sensualité remplace la véritable spiritualité plutôt faite de détachement corporel et toute possession.

 

La sensualité et ses plaisirs, parfois jusqu'à l'excès sont d'autres aspects négatifs du taureau. On les rapproche de la goinfrerie de l'hippopotame (à la bouche gigantesque). Dans la même idée, il y a aussi l'ours, animal glouton, qui ne peut résister aux appels de son ventre et dont les colères sont impressionnantes ! Ou pire quand la voracité représente le gouffre qui dévore et s'accapare ou quand la soumission aux plaisirs égoïstes des sens rend esclave de ses obscures pulsions : le porc. Animal classique de l'impureté dans les cultures musulmanes, il est aussi image de laisser aller à la saleté et à la gourmandise irraisonnée dans les autres croyances. Et pourtant.... tout est bon dans le cochon. Ceci explique peut être cela...

Le cochon qui est pourtant le même animal est entouré d'une aura globalement plus positive et tout aussi Taureau. Déjà, sa peau rosée et nue est une parabole à la sensualité puisque qu'elle a à peu près la même couleur que celle de l'homme. Et puis ce qui est cochon et coquinou n'a jamais déplu au Taureau, osons le dire ! Le cochon, c'est aussi l'image traditionnelle de la tirelire, donc du dépôt d'argent. Le Taureau a également l'art de savoir faire profiter ses acquis. (Casser la tirelire pour se faire plaisir, il sait faire aussi...)

 

Bon mais le Taureau, ce n'est pas de gros animaux balourds. Vénus règne en maîtresse de maison dans ce signe. Alors il y a aussi du tout charmant.

La Vénus taurine est printanière. C'est le retour de la vie après l'hiver et il faut arroser ça ! Alors il pleut. Et qui s'en réjouit ? Les grenouilles. La grenouille est un animal Taureau. Pas parce qu'elle a voulu se faire aussi grosse que le bœuf. Mais parce que leur chant accompagne le renouveau accompli et le réveil annuel de la nature. Leur chant remercie l'abondance.

Grenouille

 

La nature est bienveillante avec le Taureau et certains animaux ont le pouvoir d'éloigner les éléments naturels destructeurs, et ainsi de protéger l'homme. C'est le cas du pivert. Chez les Indiens, il est de bon augure de l'entendre et de le suivre. Il détourne les désastres venus du ciel (C'est pas fiable de s'en remettre au ciel pour un Taureau). D'ailleurs, le pivert incarne la protection de la matière, par la matière elle même. Il ne fait pas son nid en équilibre aléatoire sur une branche. Il le creuse à l'intérieur du tronc solide.

Parce qu'il sait que le ciel n'est pas fiable, le Taureau peut s'en remettre à la coccinelle pour en obtenir les faveurs. cette charmante petite bête est vénusienne et symbolise l'amour. Et ne lui demande t'on pas "coccinelle, demoiselle, va dire au bon Dieu qu'il fasse beau demain" en le regardant prendre son envol du bout de notre doigt lors des promenades champêtres chères à notre signe ?

Et je tiens à rajouter l'oiseau jardinier des îles australes du Pacifique. Ce charmant volatile décore l'entrée de son nid de fleurs multicolores cueillies ça et là. Quelle délicieuse touche vénusienne pour finir avec le signe du Taureau !

 

GEMEAUX : Les principes masculins et féminins établis avec les deux premiers signes, l'idée de fécondation est rendue possible par la rencontre et la réunion des deux sexes. Les animaux prolifiques comme les lapins font très bien transition entre le Taureau et les Gémeaux. A la fois bien terriens (Taureau), ils détalent dans la luzerne, creusent le sol et sortent la tête de terrier en terrier dans une danse infernale, au point qu'on en attrape le tournis comme dans les dessins animés (Gémeaux). Tous d'apparence identique, ils sont la manifestation de la multiplicité gémellaire par la fécondité de la nature taurine.

Le nombre est évidemment un principe très Gémeaux. Dans sa version négative, quand on le couple à une tendance du signe à s'agiter sans être efficace, on approche de ce qu'évoquent les mouches. Chez les Grecs anciens, elles représentaient le tourbillonnement de la vie dans ce qu'il a du plus improductif et inefficace : une incessante poursuite, une agitation fébrile, une pseudo-action. Bourdonnantes, impossibles à attraper, on ne parvient à s'en débarrasser et elles peuvent devenir insupportables.

 

Cette pseudo-action, ce papillonnage d'idée en idée, cette incapacité à rester en place cinq minutes, se retrouve aussi dans bien des animaux. En premier lieu : les butineurs. l'Abeille ? ça pourrait, mais elle est sans doute trop travailleuse, on la retrouvera plus tard. Papillons ? Ils  présentent l'avantage sur l'abeille, d'être multicolores, légers, presque inconsistants. Leur inconstance jusqu'à l'inconséquence peut même les amener à se brûler les ailes à la flamme et la lumière.  Mais les papillons ont les colibris pour concurrents au titre d'animaux Gémeaux. Voletant dans toutes les directions, jamais au repos, ces oiseaux agiles sont de véritables arlequins aériens jusque dans leurs costumes bigarrés.

 

Le Gémeaux est joueur et s'amuse à découvrir le monde qui l'entoure au gré du hasard de ce qui se présente sur son chemin. Cette attitude se retrouve dans le comportement de certains animaux : En premier lieu les bébés mammifères : chiots, chatons, espiègles et turbulents qui nous amusent de leurs facéties et de leurs "bêtises". On leur passe tout à ces chenapans.

 

Singe

D'autres animaux ont la réputation d'être clownesques et rieurs : les dauphins et les otaries, les primates, les perroquets.

Tous ces animaux sont également sociables et ont développé des moyens de communications élaborés, un langage entre eux. Et le langage, surtout s'il s'approche de celui des humains est une idée bien sûr très Gémeaux/Mercure. Les dauphins communiquent par cliquetis et écho lallation, les singes ont des mimiques et expression du visages qui s'apparentent à nos grimaces et font passer des émotions. Quand aux perroquets, ils sont évidemment capables d'imiter la voie humaine et de prononcer des mots et des phrases. A ce jeu là, d'autres oiseaux de la famille des merles, comme le mainate, font de même. En plus d'être bavards, ces animaux sont souples et agiles (dans les vagues ou dans les arbres) Il sautent et virevoltent entre les obstacles. Voilà une qualité bien mercurienne !

 

 

En parlant d'animal bavard. Comment ne pas évoquer la pie, une vrai pipelette, forcément ! Et qui est voleuse en plus. Le vol est une activité mercurienne (Mercure/Hermès chez les Grecs, est le dieu des échanges, y compris du vol qui est un échange un peu particulier, je vous l'accorde). Il y a de la roublardise dans tout ça. Le Gémeaux est rusé, à l'instar du renard par exemple. On ne compte plus les fables où il flatte les ego pour voler des fromages ou les histoires où il faut des misères à son pauvre oncle loup Ysengrin... Le renard est la face rusée mais plutôt positive ou en tout cas gentillette. Il est l'entourloupe sans méchanceté véritable et qui traduit de bonnes qualités d'audace, d'inventivité, d'ingéniosité et d'opportunisme habile. On peut remarquer qu'il côtoie et trompe fréquemment les plus grands dans le folklore. Un peu à l'image de Disney qui l'a choisi pour incarner Robin des bois.

Renard

Quand Trio entend le loup et le renard, il entend aussi la belette chanter. Assez semblable au renard sur le plan symbolique de la ruse, on trouve donc la fouine ou la belette. Ces animaux fins et agiles se faufilent dans le moindre trou. Elles sont curieuses et mettent leur nez partout. Et elles s'y connaissent aussi en rouerie sans gravité. La souris est également un petit animal fureteur. Il n'y a qu'à voir Mickey ou Jerry pour se convaincre de leur réputation débrouillarde, facétieuse et rusée.

 

Evidemment, il y a une version rusée moins bénigne que celle du renard : la traîtrise ou la fourberie malsaine du chacal ou du coyote. Les deux ont à peu près le même symbolisme d'immoralité. Mais leurs méfaits sont plus marquants. Chez les amérindiens, le coyote est d'ailleurs le mauvais jumeaux du Soleil créateur. Un peu comme Pandore à la curiosité malheureuse, c'est lui qui a donné forme et vie à tout ce qu'il y a de négatif sur notre monde. Impossible d'être plus Gémeaux que cette histoire de jumeaux !

 

On terminera avec un autre rôle mercurien, celui de messager ailé. Ce n'est qu'un autre type d'échange : celui d'idées ou d'écrits. Thot, le dieu scribe égyptien était tantôt représenté avec une tête de singe (animal Gémeaux, on l'a vu), tantôt avec une tête d'ibis. On associera donc logiquement cet oiseau à l'écriture. Et pour terminer, bougeons avec la poste pour envoyer ce message écrit. Les tablettes d'argile étant un peu lourdes, elles ont été vite remplacées par notre ibis de Thot par du papyrus (premier papier). Des oiseaux comme le pigeon ont ensuite pu s'en faire les relais jusque tard au moyen âge. Aujourd'hui, la poste les a remplacé et n'en a gardé qu'un logo en forme d'aile.... Et puis l'oiseau twitter est arrivé... Parce qu'avec les Gémeaux tout n'est que mouvement et changement.

 

CANCER : Parmi les animaux messagers Gémeaux, il en est un qui livre un bien singulier colis... C'est la cigogne. Outre qu'elle est noire et blanche, couleurs du Cancer,  elle apporte les nouveaux nés aux heureux parents dans l'imaginaire des plus petits. Elle fait donc parfaitement le lien de transition du signe des Gémeaux à celui du Cancer qui incarne l'enfance. Moins connu mais intéressant quand même, la cigogne est aussi un oiseau réputé nourrir ses vieux parents. On voit à quel point cet oiseau véhicule des images de liens familiaux idéaux.

 

Avec le quatrième signe nous arrivent surtout les animaux rassurants, câlins et sécurisants du monde de l'enfance. C'est un univers nocturne et lunaire. Et quel enfant ne s'est pas endormi avec son ours ? Oublions la signification de gloutonnerie vue en Taureau une minute, et attardons nous sur son image de réconfort. Substitut maternel s'il en est, l'ours ou plutôt même l'ourson, est le compagnon pelucheux des petits. Cette représentation symbolique et nocturne qui aide à l'endormissement des têtes blondes trouve sa source dans les mœurs hivernaux de l'animal. Car l'animal hiberne. Il passe une longue nuit de sommeil bien au chaud dans son antre douillette et en ressort au printemps avec en prime un ou deux petits oursons nés durant cette longue et froide nuit annuelle. De Nounours de "Bonne nuit les petits" à "Bouba mon petit ourson", l'enfance est bercée de cette douceur.

Ourson

L'ourson Paddington, sensible, gentil et tête en l'air...

 

Dans  le même ordre d'idée, d'autres animaux incarnent le réconfort et la bienveillance maternelle, souvent à tort d'ailleurs car leur apparence est en réalité trompeuse. On peut citer le panda (noir et blanc comme la cigogne). Avec son visage de Pierrot lunaire, son regard est autant attendri qu'attendrissant. Sa frimousse n'est qu'invitation à la cajolerie et il semble irradier l'amour maternel et filial dont le Cancer a tant besoin.

Le koala a l'air d'être le plus doux des marsupiaux. Ce type de mammifères nous intéresse car leur poche, permet au petit de venir se replier bien au chaud en position fœtale, "dans le ventre" (ou presque) de maman. C'est le rêve pour le Cancer !

 

Tant qu'on est dans l'imaginaire infantile Cancer, pensons un peu au Père Noël. Parent bienfaiteur idéal, son traineau est tiré par les rennes. Les cervidés sont dans les cultures nordiques comme méditerranéennes des animaux lunaires. La biche est l'animal emblématique de la chasseresse Artémis, déesse vierge de la Lune. La douceur de son regard a toujours fait penser à celui que pose la mère sur son enfant. Elle est le parent attentif et aimant, le protecteur tendre de l'innocence du faon.

Autre parent protecteur : la poule. La poule est l'image du parent entièrement dévoué à ses petits. Notre Mère poule ou notre Papa poule ne se définit plus que par son amour pour ses poussins. Mais la poule c'est aussi et surtout celle qui pond l'œuf : Monde rond, pâle, lunaire et surtout clos sur lui même. Il recèle à coup sûr des trésors prometteurs mais cachés, à l'image de la richesse intérieure Cancer.

 

Cette même idée de trésor caché se retrouve avec les coquillages et en particulier l'huître (avec sa perle, avatar lunaire le plus parfait en l'occurrence). L'enveloppe protectrice de l'œuf ou du coquillage représente à elle seule le cocon hermétique qui isole et qui protège. Le Cancer trouve refuge dans son foyer et défend son univers intime. Certains animaux évoquent tout à fait cette attitude de repli sur soi passif/agressif. On peut penser au hérisson qui se met en boule et hérisse ainsi des piquants. Vous vous ferez mal tout seul si vous tentez d'aller voir l'intérieur. L'oursin fait de même. L'escargot rentre son corps mous et vulnérable dans sa coquille. Et cette coquille devient parfois une vraie carapace comme chez la tortue qui rentre tout ce qui dépasse à l'intérieur quand elle se sent agressée par les circonstances.

Escargot

Monture des fées et des korrigans, l'escargot va lentement, sa maison sur le dos...

 

La tortue est un très ancien animal, presque un fossile vivant. Elle est un vestige du passé et des océans du mésozoïque.  Ce symbole de berceau et d'eau originelle est tout à fait Cancer. Dans la même idée, il y a encore un meilleur représentant : la limule. Le cycle de reproduction de cet étrange animal est calqué sur celui de la Lune et les femelles viennent une fois l'an seulement, et à la pleine lune d'été s'il vous plait, pondre leurs œufs dans le sable sur les plages. On ne pouvait rêver mieux !

 

Contrairement aux apparences, la limule n'est pas un crustacé mais qu'importe, les crustacés ne sont bien sûr pas en reste pour représenter le Cancer . Le Bernard l'Hermite, sorte de crabe SDF, squatte toutes les coquilles abandonnées pour se protéger. Le crabe ou l'écrevisse sont les animaux choisis pour représenter le Cancer. Si le crabe adopte quelquefois le repli protecteur sur lui même, c'est surtout pour sa démarche de biais ou celle à reculons de l'écrevisse qui faut comprendre l'analogie. La manière d'agir du Cancer n'est jamais directe, il tourne autour du pot, attend le bon moment, les bonnes circonstances, la bonne Lune...

 

Un autre animal attend. C'est l'araignée. L'araignée qui se balance au bout de son fil, n'a jamais coupé le cordon ombilical. Postée au centre de sa maison, enfin de sa toile, tout converge vers elle, en une image d'introversion narcissique. Elle file et tisse une réalité illusoire et piège, dont la trame est fragile, invisible, transparente. Elle est le symbole du Cancer négatif qui s'enferme dans ses impressions et se prive de la richesse potentielle de son univers intérieur. On ne la porte pas beaucoup dans notre cœur en occident et on la chasse des maisons à coup de balai (ou de tatane, ou d'aspirateur ou de grand hurlement paniqué... tous les moyens sont bons). La symbolique de l'araignée est en réalité très riche. On la dit "chagrin" quand elle est du matin et "espoir" quand elle est du soir. Le Cancer est rarement du matin en effet et il accueille le soir avec bonheur quand la nuit va lui porter conseil et la douceur de ses rêves le réconforter. L'araignée tisse d'ailleurs des toiles attrape-rêve que l'on suspend au dessus des couchettes et des lits chez les amérindiens. Elle protège ainsi le sommeil des dormeurs.

Toutes les petites bêtes ne sont pourtant pas malvenues au foyer cher à notre Cancer. Et c'est notamment le cas du grillon. Le grillon est de bonne augure dans la maison en Chine et plus globalement en Orient. Attiré par la chaleur diffusée par le foyer (âtre ou l'on fait le feu), il y passe l'hiver et de son chant bienfaiteur apporte bonheur et chance protectrice.

La protection de la famille, mais de manière plus ciblée, la protection du principe féminin et des naissances est aussi un des symboles que les Indiens d'Amérique accordent à la loutre. Mammifère lacustre ou des cours d'eau, ce qui le rattache au Cancer, elle apparaît et disparaît à la surface de l'eau, se dotant ainsi du symbolisme lunaire.

 

Pour terminer avec le signe du Cancer, il nous reste à parler du chat. Avec ce petit félin, nous glissons doucement vers le signe du Lion. Mais c'est surtout son lien avec les forces de la nuit qui nous intéresse ici. Son œil qui perce l'obscurité évoque la forme du croissant de lune. Il est en lien avec la magie, accompagne les sorcières et Gargamel. On lui prête des intentions tout à la foi douces et sournoises. Selon les croyances il aurait plusieurs vies, ce qui le relie bien sûr au cycle sans cesse renaissant de l'astre lunaire. Et puis il est surtout un animal qui ne boude jamais le moelleux confortable et enveloppant d'un bon canapé, osons le dire !

 

LION : Après le chat abordé avec le signe précédent, intéressons nous à un autre animal qui peut faire transition entre le Cancer et le Lion. Il s'agit du scarabée. Mouais, je vous entends déjà "Quoi ? un vulgaire insecte pour le Lion !? Il est tombé sur le tête Fabrice !" Et pourtant ! Dans l'Egypte antique, le scarabée est un des animaux les plus vénérés. [Je sens que ça va déjà mieux les Lions non ?] Le scarabée bousier qui roule une boule de crottin devant lui a une double symbolique. La nuit, il roule l'œuf du monde, ce qui fait de lui un symbole très Cancer/lunaire. Le jour, il incarne rien moins que le Soleil lui-même et sa course dans le ciel. Le scarabée est donc sacré parce qu'il symbolise l'éternel retour du cycle jour/nuit, l'astre solaire qui relaie l'astre lunaire et le cycle de la vie en général pour voir plus large (ce que fait toujours le Lion évidemment !)

Si on va plus loin et que l'on extrapole un peu, on peut considérer le crottin mis en boule comme une représentation terrestre. Et c'est ainsi que tout le mouvement Terre/Lune/Soleil est orchestré.

 

PaonEvidemment à l'époque, les égyptiens n'avaient encore qu'une vision géocentrique de l'univers. Depuis, on sait que le Soleil occupe le centre de notre système solaire et qu'il est entouré des planètes et des étoiles. Un animal figure tout à fait cette représentation mentale héliocentrique. C'est le paon. Quand le paon fait la roue, l'éventail de sa queue autour de sa tête évoque le ciel étoilé autour de sa tête couronnée qui représente bien sûr le Soleil. Il est le symbole de la totalité, arbore et renvoie toutes les couleurs. Et il pavane bien sûr, ce met en avant, se donne en spectacle. Il fait le beau parce que nos regards sur sa personne le lui renvoient bien !

Et le comble, c'est quand même que l'oiseau crie "Léon Léon". Dingue !

 

Au passage, la conception héliocentrique est scientifiquement aussi fausse que l'ancien géocentrisme ! Alors on se calme le paon !

 

Au négatif, la mise en avant de soi manque de panache. C'est l'image du dindon (qui peut être celui de la farce. Celui dont on se moque à cause de sa suffisance). L'animal fait la roue, comme le paon. Mais il n'en a pas l'allure bien qu'il gonfle poitrail appendices du cou et de la tête. Ceux ci ne font que pendouiller et il n'en est que plus ridicule et colérique.

 

Une fois cela dit et ne vous en déplaise mes amis léonins, le bestiaire symbolique qui vous revient est globalement plutôt pauvre. Mais cela n'a rien d'étonnant en vérité. Le Lion représente le principe masculin, la magnificence de l'Ego, du Moi et de la conscience. Des principes très supérieurs en sommes, qui sont justement ceux qui séparent l'homme de sa condition animale. Partant de là, on ne peut pas être surpris de constater que le Cancer et la Lune puisse avoir un bestiaire beaucoup plus fourni.

 

Ce principe de magnificence ne peut que trouver un écho dans les divers animaux qui figurent une certaine noblesse dans leur tenue ou leur apparence. Certains sont d'une manière ou d'une autre couronné.

Lion 2On citera bien sûr le lion lui même avec sa crinière et sa manière de faire la pacha et d'avoir tous les honneurs dans le clan. Le cerf avec ses bois majestueux sur la tête a également une certaine élégance. Après la douceur lunaire de la biche, il figure le modèle paternel, moins démonstratif d'affection c'est sûr, mais qui fera de Bambi un homme.

Dans les airs, le Roi, c'est l'aigle, en Europe du moins. C'est le rapace le plus puissant et le plus majestueux. Il est dit qu'il est le seul oiseau capable de fixer directement dans les yeux la lumière du soleil. D'après les grecs, quatre aigles partis des quatre coins du monde se sont croisés à Delphes, fixant ainsi le centre du monde (nombrilisme Lion) et du coup le sanctuaire d'Apollon (Dieu du Soleil). L'aigle est supplanté en Amérique par le condor. Vous savez, comme le Grand Condor en or (tiens tiens, métal solaire et Lion) d'Estéban, Zia et Tao qui recherchent les cités incas avec Mendoza et toute la clique des "Merveilleuses cités d'or".

Toujours dans les rapaces, on trouve le faucon. Retour en Egypte. Il est le Dieu Horus et le principe céleste et solaire. Survolant tout très haut dans le ciel, il est un principe ascensionnel dans les plans physique intellectuel et moral. Il est la supériorité, la victoire de la lumière contre les forces du mal et des ténèbres du dieu chacal Seth.

Le faucon égyptien est souvent accompagné et soutenu par le cobra sur les coiffes ou les monuments pharaoniques. Le cobra est probablement le plus royal des serpents (le plus craint et le plus noble). Là où les autres rampent à terre (lâcheté, bassesse), lui se redresse fièrement et écarte les écailles qui encadrent sa tête pour se mettre en valeur (et intimider). Sa forme ondulante de serpent est l'image du fluide vital (sang) qui accompagne le courage du faucon (cœur). C'est une concentration du Feu solaire pour les égyptiens, capable de vivifier comme de tuer. Cela ne va pas s'en rappeler évidemment la générosité féconde du soleil qui dispense lumière et chaleur ou la brûlure de ses rayons qui dessèche et tue.

 

Voilà s'en est terminé pour cette première partie. La suite arrive bientôt. Deuxième partie du bestiaire zodiacal (de la Vierge au Poissons) en suivant le lien !

 

Tout droit réservé, Fabrice BONVIN

Reproduction partielle ou totale interdite sans autorisation écrite de l'Auteur

 

Avec mes remerciements particuliers pour Laurent dont les remarques et suggestions ont permis d'enrichir la première version de l'article.

 

 

Sources Bibliographiques : Dictionnaire des symboles Jean Chevalier et Alain Gheerbrant Editions Robert Laffont/Jupiter

 

Le livre des symboles. réflexions sur des images archetypales. Ami Ronnberg et Kathleen Martin. Editions Taschen

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